De l'autre côté du miroir, les confessions d'un vampire

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Echange

Interaction directe avec vous, pour vous informer au sujet de ce journal ou tout simplement pour le plaisir du dialogue.

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lundi 20 septembre 2010

Centième

[Bougie brillant dans l'obscurité]

J'avais presque oublié ce journal. Je vous dois des excuses, je suppose, pour cette si longue absence; sans doute la plupart d'entre vous, lassés de mon silence, se sont-ils détournés vers d'autres lieux. Je salue d'autant plus Fred le marin, fidèle gardien de ces pages, et renouvelle mes amitiés à Talie. Plusieurs facteurs m'ont tenu éloigné du clavier: l'état de santé de mon beau-père, la perpétuelle menace des chasseurs -- et trois déménagements hâtifs, -- un projet dont je vous parlerai à l'occasion, ma rencontre avec un jeune vampire, dont il faudra également que je vous parle à l'occasion... Pour être honnête, j'avais aussi besoin de me retrouver après avoir remué la fange de mon passé. Mon enlèvement a laissé des séquelles.

Mais trêve de justifications. C'est inquiet du succès d'une vision particulièrement naïve, donc funeste, du vampire que je reprends aujourd'hui la parole. Vous l'aurez compris, je pense notamment à Twilight de Stephenie Meyer. Je redoute plus que jamais la venue d'adolescents victimes d'une fascination malsaine -- si vous me passez le jeu de mots -- pour ces vampires de contes de fées. Moi qui m'attendais, en m'exposant au public, à devoir continûment justifier de mon humanité, me voici aujourd'hui à rappeler cette évidence: les vampires sont dangereux. Pour survivre, nous saignons des êtres humains et mutilons leur cadavre. Aussi estimable puisse-t-il être par ailleurs, un vampire tue. Alors admirez-nous si vous y tenez, mais de grâce, admirez-nous de loin.

Nonobstant ce pénible rappel, je vous souhaite une bonne soirée.

lundi 15 juin 2009

Réponses groupées

Depuis quelques temps, nombre de nouveaux venus, découvrant mon journal au détour d'un moteur de recherche, se relayent pour poser inlassablement les mêmes questions. Que vous cherchiez à rencontrer des vampires en France, rêviez de devenir vampire à votre tour ou vous interrogiez sur votre propre nature, je vous engage à consulter la liste de réponses aux questions les plus fréquentes que je viens de publier.

mardi 2 juin 2009

Mon portrait par Piafette

A ma grande surprise, j'ai reçu récemment un dessin d'une jeune personne surnommée Piafette me représentant:

Mon portrait, imaginé par Piafette

Piafette ne m'a jamais rencontré physiquement, bien entendu, et pour être parfaitement honnête, ce portrait ne me ressemble que de fort loin. Néanmoins, l'attention me touche en cette période trouble, et je la remercie sincèrement de cette marque d'intérêt.

samedi 23 mai 2009

Mise au point

Quel étalage d'insolence je découvre dans les commentaires postés durant mon absence. Non contents de faire fi des tourments que ma compagne et moi-même subissions, vous venez me sommer de vous répondre sans délai, me mettre au défi de vous prouver ma réalité ou m'enjoindre de vous transformer, quand vous ne jouez pas simplement au vilain petit vampire, oh si libre de ces encombrantes règles de vie en société que l'on nomme conscience.

Est-ce là la triste vérité de cet internet qui effraie tant les puissants? Ou n'est-ce que le reflet d'une société d'enfants gâtés qui posent la satisfaction individuelle en valeur absolue? Et vous vous rêvez vampires? Ha.

Le vampirisme est précisément l'antithèse de ce nombrilisme mâtiné d'insécurité qui s'étale au grand jour dans les commentaires de mon journal. Le vampirisme est le don de soi à l'autre au cours de la communion. Le vampirisme est le rejet du plaisir, une frustration permanente que l'on s'impose à soi-même. Le vampirisme est la discipline de l'ascète poussée à l'extrême. Le vampirisme est la solitude éternelle, et l'éternité face à ses propres tourments. Le vampirisme est l'acceptation d'un monde changeant où les repères nous échappent, où les civilisations mêmes naissent et meurent. Le vampirisme est l'humilité devant ces mortels à qui nous devons tout. Le vampirisme est la peur des chasseurs et la précarité. Quelle ironie: le vampirisme est tout ce que vous voudriez abandonner avec votre humanité.

Faites donc l'effort de lire le premier commentaire d'Angel-Black: derrière la formulation hésitante, elle manifeste une rare compréhension de l'état de vampire.

Devenir vampire n'est jamais un but. Tout au plus cela peut-il être un moyen d'atteindre un but plus grand.

mercredi 2 avril 2008

Anniversaire

Voici déjà un an que j'ai pris la décision de me révéler à vous. Ces douze derniers mois, j'ai vu intervenir puis se taire un des seuls chasseurs de vampires mercenaires d'Europe occidentale, résisté à la traque numérique de mes ennemis, refusé de transformer des mortels que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, conversé avec d'autres sans leur inspirer de répulsion, suivi les récits tumultueux d'Anaïs, et mis le doigt dans une lutte qui ne me concernait pas. Prions qu'elle ne se tourne pas contre nous comme l'Inquisition en son temps. En tout état de cause, l'horizon reste sombre quoique l'effroyable conflit que je redoute tant n'ait pas éclaté; mais pour l'heure, je savoure notre répit. Je me prends même à espérer en lisant de telles réflexions -- sans préjuger de la philosophie que prônent ses auteurs.

Aussi rares soyez-vous à consulter régulièrement ce site, je prends goût à cette célébrité. Je regrette néanmoins de n'avoir pu établir un dialogue durable: la forme du journal en ligne devait permettre un échange entre vos semblables et les miens. Que vous vous interrogiez sur les vampires en général ou sur mes motivations en particulier, que vous appréciiez de réfléchir au monde dans lequel nous vivons, que vous rêviez de communiquer votre enthousiasme sur un sujet qui vous tient à cœur ou que vous préfériez la convivialité de simples bavardages, vous êtes les bienvenus ici. Evidemment, regarder mes écrits comme une simple fiction n'incite guère la plupart d'entre vous à la discussion. Mais puissiez-vous au moins, l'inacceptable dût-il advenir, vous souvenir de moi et rechercher une cohabitation pacifique.

En conclusion, je remercie mes lecteurs passés, présents et futurs de l'intérêt que vous me manifestez. Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à intervenir en commentaire; si vous désirez m'aider dans ma tâche, je vous invite à parler de ce journal autour de vous.

Dans l'attente du jour hypothétique où je pourrais me montrer à visage découvert, je vous adresse toute ma sympathie. Faites attention à vous.

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