Que je parvienne à sauver Fabien ou que je meure en essayant, cet article
sera probablement mon dernier; mais dans un cas comme dans l'autre, que l'ombre
de son regard en haut de ces pages soutienne votre détermination dans les
moments difficiles comme elle le fait pour moi aujourd'hui.
Je crois bien que personne, vampire ou humain, ne peut prétendre comprendre
véritablement Fabien. Il porte la marque des siècles qu'il a traversés sans
appartenir à aucun, comme s'il était capable d'en extraire l'essence et de
construire quelque chose de plus grand, un cran au-delà de la compréhension
humaine.
Chevalier médiéval amoureux de technologie, vampire humaniste, manipulateur
généreux, héros discret, bienfaiteur de l'humanité endurci... Tous ces oxymores
soulignent à quel point il échappe aux archétypes. Loin d'être le signe d'une
quelconque schizophrénie, leur contradiction apparente nous oblige à ouvrir les
yeux: non, l'humanité ne se range pas dans une collection de petites cases bien
séparées; non, la réalité ne se limite pas à un noir et blanc bien contrasté;
et non, les vampires ne sont ni des monstres ni des superhéros, mais simplement
des gens comme vous et moi.
Lisez et relisez son témoignage, et puisse l'humanité considérer un jour les
vampires comme, tout simplement, d'autres de ses membres.