De l'autre côté du miroir, les confessions d'un vampire

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mardi 2 juin 2009

Mon portrait par Piafette

A ma grande surprise, j'ai reçu récemment un dessin d'une jeune personne surnommée Piafette me représentant:

Mon portrait, imaginé par Piafette

Piafette ne m'a jamais rencontré physiquement, bien entendu, et pour être parfaitement honnête, ce portrait ne me ressemble que de fort loin. Néanmoins, l'attention me touche en cette période trouble, et je la remercie sincèrement de cette marque d'intérêt.

samedi 23 mai 2009

Mise au point

Quel étalage d'insolence je découvre dans les commentaires postés durant mon absence. Non contents de faire fi des tourments que ma compagne et moi-même subissions, vous venez me sommer de vous répondre sans délai, me mettre au défi de vous prouver ma réalité ou m'enjoindre de vous transformer, quand vous ne jouez pas simplement au vilain petit vampire, oh si libre de ces encombrantes règles de vie en société que l'on nomme conscience.

Est-ce là la triste vérité de cet internet qui effraie tant les puissants? Ou n'est-ce que le reflet d'une société d'enfants gâtés qui posent la satisfaction individuelle en valeur absolue? Et vous vous rêvez vampires? Ha.

Le vampirisme est précisément l'antithèse de ce nombrilisme mâtiné d'insécurité qui s'étale au grand jour dans les commentaires de mon journal. Le vampirisme est le don de soi à l'autre au cours de la communion. Le vampirisme est le rejet du plaisir, une frustration permanente que l'on s'impose à soi-même. Le vampirisme est la discipline de l'ascète poussée à l'extrême. Le vampirisme est la solitude éternelle, et l'éternité face à ses propres tourments. Le vampirisme est l'acceptation d'un monde changeant où les repères nous échappent, où les civilisations mêmes naissent et meurent. Le vampirisme est l'humilité devant ces mortels à qui nous devons tout. Le vampirisme est la peur des chasseurs et la précarité. Quelle ironie: le vampirisme est tout ce que vous voudriez abandonner avec votre humanité.

Faites donc l'effort de lire le premier commentaire d'Angel-Black: derrière la formulation hésitante, elle manifeste une rare compréhension de l'état de vampire.

Devenir vampire n'est jamais un but. Tout au plus cela peut-il être un moyen d'atteindre un but plus grand.

vendredi 22 mai 2009

Le Don du phénix

Prendre la rumeur pour pure vérité est la marque des naïfs.
La prendre pour pur mensonge, des suicidaires.

Ceux à qui ce message est destiné se reconnaîtront. Votre première erreur fut de blesser ma bien-aimée; la seconde, de me forcer à procréer; la troisième, de vous imaginer connaître le sens du mot ``patience''. Mais sur ce dernier point, l'avenir vous prouvera votre ignorance -- vous n'ignorez pas que certains plats se mangent froids.

A mes autres lecteurs, je souhaite une bonne nuit. Comme vous pouvez le constater, je suis vivant et libre, et entends bien le rester.

mardi 12 mai 2009

Un homme d'exception

Que je parvienne à sauver Fabien ou que je meure en essayant, cet article sera probablement mon dernier; mais dans un cas comme dans l'autre, que l'ombre de son regard en haut de ces pages soutienne votre détermination dans les moments difficiles comme elle le fait pour moi aujourd'hui.

Je crois bien que personne, vampire ou humain, ne peut prétendre comprendre véritablement Fabien. Il porte la marque des siècles qu'il a traversés sans appartenir à aucun, comme s'il était capable d'en extraire l'essence et de construire quelque chose de plus grand, un cran au-delà de la compréhension humaine.

Chevalier médiéval amoureux de technologie, vampire humaniste, manipulateur généreux, héros discret, bienfaiteur de l'humanité endurci... Tous ces oxymores soulignent à quel point il échappe aux archétypes. Loin d'être le signe d'une quelconque schizophrénie, leur contradiction apparente nous oblige à ouvrir les yeux: non, l'humanité ne se range pas dans une collection de petites cases bien séparées; non, la réalité ne se limite pas à un noir et blanc bien contrasté; et non, les vampires ne sont ni des monstres ni des superhéros, mais simplement des gens comme vous et moi.

Lisez et relisez son témoignage, et puisse l'humanité considérer un jour les vampires comme, tout simplement, d'autres de ses membres.

lundi 4 mai 2009

La Fin du lien psychique

Je savais que cela finirait par arriver tôt ou tard -- cette fois, le lien a totalement disparu. Hier soir, j'ai réalisé que j'étais devenue incapable de percevoir le réveil de Fabien. Pouvez-vous imaginer ce que c'est d'avoir connu une telle proximité et de l'avoir perdue? A vrai dire je connais déjà la réponse: non, vous ne le pouvez pas. La solitude que je ressens maintenant est à l'image de la chaleur que me procurait le lien.

Les autres ont baissé les bras. Oh, bien sûr, ils sont toujours là pour moi, mais leur compassion ne m'est d'aucun réconfort. Ils ont perdu tout espoir en même temps que Fabien. Ils pensent que si lui -- lui entre tous! -- a abandonné, cela signifie que personne ne peut rien faire pour le sauver. Mais je ne m'avoue pas si facilement vaincue.

Je n'ai pas dit mon dernier mot.

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