Le Vampire
Par Fabien de Montargy le jeudi 26 avril 2007, 04:30 - Mon histoire - Lien permanent
Cette date-là, je la connais: nous étions le 5 novembre 1347 au soir. Comme souvent quand je n'étais pas en chasse d'une rumeur de présence vampirique, je m'étais installé dans le bureau du vieil érudit pour étudier pour la énième fois un de nos manuscrits à la lueur des bougies. Avec l'heure tardive, l'ennui et la fatigue avaient eu raison de moi, et je m'étais assoupi.
Je m'éveillai soudain en percevant une présence toute proche: un homme se penchait au-dessus de mon épaule pour examiner le parchemin que j'avais abandonné en m'endormant! Je crois que je poussai un glapissement de terreur, mais il se contenta de hocher la tête avec appréciation:
« Tu as de bonnes lectures, Fabien de Montargy. »
Me forçant à reprendre le contrôle de mes émotions, je rétorquai:
« Qui êtes-vous? Que faites-vous chez nous? »
Je connaissais déjà la réponse, bien sûr. J'avais immédiatement compris que l'inconnu était, devait être, ne pouvait être qu'un vampire. Il s'assit, sans doute pour se donner l'air inoffensif.
« N'aie donc pas si peur, je ne te ferai aucun mal. Je t'étudie depuis plusieurs semaines. Je sais pourquoi tu nous cherches, et je suis tout disposé à devenir ton précepteur -- si tu le souhaites toujours, bien entendu. »
Je ne pouvais nier mon excitation grandissante mais restai coi, profitant de ces quelques secondes pour l'observer et réfléchir intensément. Un voile de déception assombrit son visage.
« Dans le cas contraire, poursuivit-il, tu n'as qu'un mot à dire et je partirai. Tu n'entendras plus jamais parler de moi. »
Je repoussai ma crainte. Je n'avais pas espéré si longtemps cette rencontre pour la gâcher par pusillanimité, que diable!
« Restez, je vous en prie, et bienvenue sur le domaine de Montargy. Veuillez me pardonner mon impolitesse. »
Un large sourire étira ses lèvres. Les dés étaient jetés.
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