Du vampirisme et de la fierté
Par Fabien de Montargy le dimanche 16 septembre 2007, 04:20 - Mon histoire - Lien permanent
Par précaution, je me langeai comme un nourrisson avant de rejoindre Antoine. Nous nous abritâmes dans le coffre qui lui servait de lit, impudemment lovés l'un contre l'autre à cause de l'exiguïté, et plongeâmes dans les ténèbres quand il en referma le battant. Bien que la claustrophobie ne m'eût jamais particulièrement touché, je m'étonnai du profond sentiment de sécurité que me procurait un tel enfermement. Ce n'était pourtant pas un endroit où, mortel, j'eusse apprécié séjourner.
Une durée indéterminée s'écoula, meublée de nos discussions, jusqu'à ce que mon mentor m'avertît de l'aurore. A bien y réfléchir, je percevais effectivement quelque chose... Pas de la fatigue, ni un malaise, mais une certitude que le soleil s'élèverait très bientôt au-dessus de l'horizon -- à moins que ce ne fût simplement parce que mon précepteur venait de me le signaler. A tout hasard, je fermai les paupières, attendant que vînt le sommeil.
Je les rouvris presque aussitôt en constatant que mon compagnon de couche remuait dans l'obscurité.
« Que se passe-t-il? demandai-je.
- Le soleil vient de se coucher. Mais tu vas devoir prendre ton mal en patience encore un moment avant que la lumière redevienne supportable.
- Vous vous moquez! Je sais bien que nous n'avons pas encore dormi!
- Je t'assure que c'est le soir, soupira-t-il. La journée passe sans que nous nous en rendions compte. »
Des émanations nauséabondes confirmaient qu'il s'était écoulé une durée indéterminée depuis mes derniers souvenirs et que mon corps en avait profité pour se purger. Merveilleux... Je m'apprêtais à ouvrir le coffre quand mon mentor m'arrêta.
« Il fait encore trop clair dehors, insista-t-il, tu ne peux pas sortir.
- Mais j'ai besoin de me laver, gémis-je en protestation. Et cette odeur est pestilentielle!
- Nous n'avons plus besoin de respirer; fais comme moi, cesse de t'agiter et d'avaler de l'air. »
Parfois, je haïssais le pragmatisme bonhomme d'Antoine.
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Commentaires
Bonsoir. Tout d'abord un grand bravo pour ce site si interressant ,vous répondez en effet a nombres des quéstions que je me posais sur le vampirisme.Ensuite je vous prie de bien vouloir m'éxcuser car la quéstion que je m'apprète a pauser n'a pas de rapport avec le présent article mais je ne savais ou l'inserer. Avez vous déja rencontré d'autres créatures surnaturelles mis a part les autres vampires?
Bonsoir Cthulhu. (Amusant pseudonyme, inspiré, je présume, des œuvres de H. P. Lovecraft?) Je vous remercie pour vos compliments et vous souhaite la bienvenue sur ces pages. Au sujet des autres êtres surnaturels habitant notre monde, je vous renverrai à une précédente discussion, portant justement sur ce thème. Pour vous répondre en quelques mots, je n'ai jamais rencontré que mes propres semblables, mais tout semble indiquer qu'esprits et loups-garous existent également.
Bonsoir Fabien. Je suis en effet un grand admirateur de H.P Lovecraft comme vous l'avez deviné.Et pardonnez moi je n'avais pas vu cette conversation auparavant ,je vous remercie de m'avoir dirigé vers celle ci.
Bonsoir Monsieur de Montargy. M'interessant depuis quelques années aux vampirismes, j'ai été agréablement surpris de découvrir votre site. J'espère que vous continuerez à nous dévoiler votre histoire. Je souhaiterais, si cela ne vous dérange pas de répondre aussi ouvertement à un nouveau venu, savoir quel regard vous portez sur l'évolution du monde, et plus particulièrement sur l'évolution des sociétés. Vous avez traversé de nombreuses époques, des temps "calmes" dans le sens ou l'on pouvait voyager dans des lieux loin des activités humaines ou découvrir des endroits encore vierge.
Je vous remercie d'avance.
P.S. : mon pseudo se prononce "qsuobih" (c'est une question qui revient souvent).
Bonsoir à vous.
Cthulhu, il n'y a pas de mal; n'hésitez pas me poser toutes les questions que vous désirez. Si le sujet a déjà été abordé, je vous l'indiquerai, mais vous pouvez également demander des précisions supplémentaires, bien entendu.
Xuobih, je vous souhaite la bienvenue. Vous répondre ne me dérange nullement, mais c'est tout un essai que vous me réclamez là.
J'ai toujours
été plus attiré par l'activité humaine que par la nature sauvage, bien que je
ne dédaigne pas, à l'occasion, une promenade à cheval à l'écart de la fureur
des villes. Si j'ai l'âme d'un explorateur, mes centres d'intérêt ne requièrent
pas de voyage à proprement parler, puisqu'ils concernent avant tout le
fonctionnement de notre monde, ses mystères et sa magie.
Pour ce qui est de ma vision des sociétés humaines, les circonstances m'ont conduit à me détacher de mon époque plus brusquement que la plupart des vampires. Je porte sur mes contemporains un regard extérieur, teinté de mon expérience des siècles passés, mais m'efforce de ne pas les mesurer à l'aune de ma morale de monstre médiéval avide de sang. Ce n'est pas toujours facile, cependant. Moi aussi, je peux être révolté par des comportements que je juge iniques, malgré ma conscience de la subjectivité des notions de bien et de mal.
En tout état de cause, j'ai pour principe de ne jamais, quelles que soient les circonstances, user de mes pouvoirs pour changer le cours de l'Histoire. Quand j'interviens dans les affaires humaines, je ne le fais qu'à l'échelle des simples mortels. Deux seuls dangers pourraient me contraindre à intervenir directement: la disparition de l'humanité, ou son asservissement. Mais tant que les mortels écrivent eux-mêmes leur destin, je n'ai pas mon mot à dire.
Pour vous répondre à un niveau plus général, j'aime le changement. Je peux apprécier une époque pour une certaine raison, et une autre pour une raison tout à fait contraire. Les périodes sombres révèlent les plus belles qualités humaines tandis que les périodes fastes nourrissent l'indolence. Toutes portent une part de beauté. Je sais également, au plus profond de moi-même, que les civilisations ne sont pas éternelles; mais bien loin de le déplorer, je m'en réjouis et aborde l'avenir avec curiosité.
Sur un tout autre sujet, quelle est l'origine de votre pseudonyme, si ce n'est pas indiscret?
Bonsoir Monsieur de Montargy. Je vous remercie de votre réponse. Je pense moi aussi partager cette curiosité pour le futur de l'être humain, tout aussi bien social que biologique. Mais ce qui attise le plus ma curiosité, ce sont les peuples du passé. Personnellement, sans vouloir vous offenser et vous réduire à une simple oeuvre encyclopédique, je vous considère comme une mémoire vivante des moeurs, des coutumes mais aussi des secrets perdus de ces époques ( Une encyclopédie aurait bien du mal à restituer l'essence et l'état d'esprit d'une époque).
Pour en revenir à votre interrogation sur mon pseudonyme, cela me fait remonter quelques années en arrière (5 ou 6 tout au plus). J'étais en secondaire supérieur et je n'avais pas trop de mauvaise note. Plusieurs de mes amis inventèrent alors une histoire selon laquelle je faisais partie d'une secte avec des professeurs (d'où mes bonnes notes) et que nous nous réunissions le soir pour comploter contre les élèves. Ils nomèrent alors la secte : la secte des hiboux (référence à la nuit et au fait que l'on se réunissait dans des endroits sombres et lugubres). Hiboux est devenu xuobih pour ne pas qu'ils puissent laisser entendre aux professeurs qu'ils avaient tout découvert. Vu que c'est un surnom peut employé ( à part moi je ne l'ai pas encore vu sur le net), et que tout mes amis le connaissaient, je l'ai donc officiellement adopté, puisqu'il s'agissait sourtout de moi, donnant peut-être une petite confirmation à ces histoires. Je ne puis tout raconter ou développer car nous avons eu deux ans pour faire mûrir cette histoire et lui donner nombre de ramification qui nous on fait passer de bon moment de rigolade en classe en interprétant les gestes et les dire des professeurs qui restaient perplexes face à nos rires étouffés.
Bonsoir Xuobih, et merci pour l'anecdote concernant votre pseudonyme; je la trouve délicieuse de fraîcheur. Je pourrai effectivement tenter, à l'occasion, de vous transmettre l'atmosphère des époques que j'ai traversées. Néanmoins, mon journal porte avant tout sur mes semblables. Ce n'est hélas pas pour mon agrément que j'ai créé ce site, mais bien dans la crainte d'une guerre totale -- ce qui ne m'empêche pas, bien entendu, d'apprécier la conversation à un niveau plus personnel.