Panégyrique d'un sage méconnu
Par Fabien de Montargy le lundi 21 avril 2008, 02:36 - Hommage - Lien permanent
Je ne sus jamais exactement d'où venait l'érudit qu'hébergeaient mes parents ni quelle avait été sa vie avant d'entrer au service de mon père, et, pour être honnête, je ne m'en préoccupais guère à l'époque. Lui-même se montrait particulièrement peu disert quant à son passé. Néanmoins, des révélations lui ayant échappé et diverses rumeurs qui couraient au château sur son compte me permettent de retracer à gros traits son histoire.
Grégoire, dont ce n'était certainement pas le nom, avait jadis appartenu au clergé -- régulier ou séculier, je l'ignore. Contre la volonté de sa hiérarchie, il enquêtait sur les phénomènes occultes, persuadé que seule la connaissance permet à l'homme de triompher des manifestations ``démoniaques''. Malheureusement, il se piqua de curiosité pour ce qu'il entendait combattre; peut-être conduisit-t-il lui-même quelques expériences interdites.
Lorsque survinrent des événements tragiques impliquant directement ses recherches, il fut arrêté et soumis à la question. Il put néanmoins échapper rapidement à ses geôliers -- profitant, je pense, d'une assistance surnaturelle -- et fuit la région. Il seconda un marchand durant de nombreuses années puis, à la suite de son décès, accepta l'hospitalité de mon père et se fixa définitivement chez nous.
En-dehors de son rôle de précepteur pour mes frères et moi, il était libre de mener les études qu'il désirait. S'il pouvait se plonger des heures durant dans la lecture des Saintes Ecritures, il ne dédaignait pas pour autant la littérature profane et se réjouissait de chaque manuscrit que nous pouvions acquérir. Je crois qu'il jouit chez nous d'une vie agréable jusqu'à sa terrible fin, quoique ma fréquentation d'un vampire et ma transformation le peinèrent sans doute profondément.
Le vieux lettré était un homme respectable. Je réalisai bien trop tard combien je devais à ce sage à l'âme bénigne, toujours prêt à me pardonner mes écarts. Si je lui avais fait confiance, si je ne l'avais pas dédaigné par arrogance, qui sait si la tragédie n'eût pu être évitée? Hélas! Il ne restera de lui que le jugement de son regard, gravé au fer rouge dans ma mémoire.
Les textes de Fabien de Montargy, S. et Talie, billets et commentaires,
sont copyright
Commentaires
Bonsoir Pecky Fabien et les autres,
En effet, c'est ainsi que je procède pour l'histoire du clavier ... C'est Christophe qui me l'a suggéré ! De toute façon moi et les claviers, à part taper dessus, ça fait deux ...
Merçi pour vos voeux de bonheur ! A partir du 1er mai, on sera dans notre nouvel appartement et aussi on commencera à déjà préparer un peu le mariage pour voir quoi ! Normalement au mois d'aout on sera marié ( le 11 ) ! Le prêtre que nous avions trouvé est assez réticent; il hésite encore, mais bon, on le laisse faire et on prie pour qu'ils disent oui aussi ...
Dites si un jour tout ça avec Bobens et tout c'est fini, vous croyez qu'il serait possible qu'on ai un enfant? Adopté ou par insémination artificielle?
Et surtout comment l'élève-t-on? Faut lui expliquer qu'il faut qu'il se taise et aussi plus tard expliquer la vraie nature de son père et tout...et...vous croyez que c'est possible?
Je ne sais pas mais je doute, enfin, on ne sait jamais...Christophe n'est pas encore au courant...
Bien je vais vous laisser et je vais aller me coucher car je suis claquée...
Bonne nuit à tous! Faites de beaux rêves et que Dieu vous protège et vous entoure de bonheur et d'amour...
Bon anniversaire Fabien! Enfin, si tout ça est bien réel: à vrai dire, j'ai toujours du mal à y croire... Mais c'est affreux si c'est vraiment arrivé. Je ne pense pas pouvoir imaginer, et je suis sûre de ne pas en avoir envie.
Au fait, je t'ai envoyé un mail, est-ce que tu l'as bien reçu?
Bonsoir. Anaïs, n'espérez pas avoir un enfant de manière légale -- souvenez-vous que nous passons littéralement notre vie à échapper à une découverte officielle. Vous pourriez aisément convaincre un homme de vous prêter son concours, toutefois, ou encore enlever un orphelin; mais comme vous le relevez vous-même, quelle existence avez-vous à offrir?
Cet enfant grandirait privé du contact d'êtres humains en-dehors de son foyer, ballotté au gré de vos déménagements, contraint de taire un secret trop lourd pour lui, et, finalement, irrémédiablement coupé du reste de l'humanité. A l'âge adulte, il aurait pour seule perspective une vie de paria, sans espoir de s'intégrer dans une société qui ne lui ressemblerait pas. Bien trop de chasseurs entraînent déjà leurs enfants dans leur sillage pour que j'encourage des vampires à en élever. Croyez-moi, je sais ce qu'il en coûte d'y renoncer.
Talie, je vous remercie: si, en soi, commémorer mon anniversaire m'indiffère, votre attention me touche beaucoup. Il me faut cependant préciser que nous utilisions à l'époque le calendrier julien, ce qui repousse ma naissance probable au 30 avril selon le calendrier grégorien en vigueur aujourd'hui. Vous êtes donc un peu en avance.
Sur un autre sujet, j'ai bien reçu votre lettre électronique et y ai répondu; c'est très aimable à vous de m'avoir transmis des photographies de vos enfants. Je suis également heureux de constater à quel point vous vous êtes épanouie. Une fois de plus, je vous invite à cesser de tant vous interroger sur ma nature réelle, et à prendre mon récit pour pure affabulation si cette idée vous réconforte. Quoi qu'il en soit, rassurez votre époux quant à l'absence de danger que vous courez à continuer de fréquenter ce journal -- si ce n'est, peut-être, celui de finir par m'accepter en tant que vampire.
Je vous souhaite à tous une bonne nuit.
Oh le joli prétexte pour se faire souhaiter son anniversaire deux fois! J'essaierai de revenir dans deux jours, alors, et sinon bon anniversaire d'avance.
Et merci pour le mail et les explications; je comprends mieux comme ça. Il n'empêche que je ne peux pas m'empêcher de me demander si j'ai vraiment rencontré un vampire... Même sans tomber dans la paranoïa quotidienne, votre existence remet pas mal de certitudes en question.
Tout ceci me rappelle le site user-friendly.org : après un temps, les commentaires n’ont plus rien à voir avec le texte lui-même.