Voici déjà un an que j'ai pris la décision de me révéler à vous. Ces douze derniers mois, j'ai vu intervenir puis se taire un des seuls chasseurs de vampires mercenaires d'Europe occidentale, résisté à la traque numérique de mes ennemis, refusé de transformer des mortels que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam, conversé avec d'autres sans leur inspirer de répulsion, suivi les récits tumultueux d'Anaïs, et mis le doigt dans une lutte qui ne me concernait pas. Prions qu'elle ne se tourne pas contre nous comme l'Inquisition en son temps. En tout état de cause, l'horizon reste sombre quoique l'effroyable conflit que je redoute tant n'ait pas éclaté; mais pour l'heure, je savoure notre répit. Je me prends même à espérer en lisant de telles réflexions -- sans préjuger de la philosophie que prônent ses auteurs.

Aussi rares soyez-vous à consulter régulièrement ce site, je prends goût à cette célébrité. Je regrette néanmoins de n'avoir pu établir un dialogue durable: la forme du journal en ligne devait permettre un échange entre vos semblables et les miens. Que vous vous interrogiez sur les vampires en général ou sur mes motivations en particulier, que vous appréciiez de réfléchir au monde dans lequel nous vivons, que vous rêviez de communiquer votre enthousiasme sur un sujet qui vous tient à cœur ou que vous préfériez la convivialité de simples bavardages, vous êtes les bienvenus ici. Evidemment, regarder mes écrits comme une simple fiction n'incite guère la plupart d'entre vous à la discussion. Mais puissiez-vous au moins, l'inacceptable dût-il advenir, vous souvenir de moi et rechercher une cohabitation pacifique.

En conclusion, je remercie mes lecteurs passés, présents et futurs de l'intérêt que vous me manifestez. Si vous souhaitez participer, n'hésitez pas à intervenir en commentaire; si vous désirez m'aider dans ma tâche, je vous invite à parler de ce journal autour de vous.

Dans l'attente du jour hypothétique où je pourrais me montrer à visage découvert, je vous adresse toute ma sympathie. Faites attention à vous.