Vous vous souvenez certainement de cet individu qui se fait appeler le chasseur et se dit tueur de vampires à gages. Peut-être vous êtes-vous étonnés de la prolongation de son silence après les déboires qu'il a relatés il y a quelques semaines. La vérité, c'est que nous nous livrons sous la surface à une guerre acharnée pour découvrir l'identité l'un de l'autre.

Sans entrer dans les détails techniques, disons que chaque connexion informatique laisse des traces. Afin de brouiller les pistes, j'utilise toujours des chemins détournés et efface de mon mieux les empreintes de mes ``pas'' derrière moi -- ou plutôt, je les maquille et les noie sous de fausses informations. Néanmoins, même l'esprit le plus acéré peut commettre des erreurs; aussi ai-je décidé de pousser la ruse un degré plus loin.

Tentant d'attirer notre fameux chasseur dans un piège, j'ai méthodiquement disséminé de faux indices, forgés avec soin pour avoir toute l'apparence de la réalité: ni trop évidents, pour rester crédibles, ni trop subtils, pour ne pas échapper à l'attention la plus soutenue. Je leur ai donné l'allure d'une véritable trace insuffisamment dissimulée, et les ai placés là où je savais que mon adversaire les chercherait. J'entendais ainsi le conduire jusqu'au quartier général... de véritables chasseurs de vampires, que je surveillais discrètement en attendant mon heure.

Hélas, mon stratagème a fait long feu. Alors que ma proie approchait du piège -- je surveillais son avancée par les perturbations qu'induit l'effacement des traces, à défaut de pouvoir remonter sa propre piste, -- je l'ai vue brusquement disparaître. Sans doute le chasseur a-t-il deviné la vérité et s'est-il hâté de faire marche arrière.

Mais ce n'est que partie remise. Le machiavélisme est un peu ma seconde nature.