Choses humaines
Par Fabien de Montargy le jeudi 13 septembre 2007, 02:13 - Instantané - Lien permanent
J'aimerais aujourd'hui attirer votre attention sur un article dénonçant la pornographie extrême et, plus précisément, les conditions dans lesquelles sont tournés certains films et ce que vous ne voyez pas à l'écran. Je vous en déconseille la lecture si vous avez l'âme sensible. J'ai appris l'existence de cette diatribe par hasard, sur un journal me citant.
Par ailleurs, saviez-vous qu'une femme porte une publicité indélébile tatouée sur le front? L'affaire n'est ni récente ni unique, mais elle est emblématique d'un phénomène naissant: la conversion du corps humain en espace publicitaire. Les miséreux échangeaient déjà leurs organes contre espèces sonnantes et trébuchantes; au moins cette défiguration ne met-elle pas en danger la vie de ses victimes consentantes. Je gage qu'il ne faudra pas longtemps avant que des parents offrent leurs enfants en pâture à l'avidité commerciale des grands groupes.
Quel est le lien entre le premier sujet, tragique, et le second, plutôt cocasse, me demanderez-vous? Tous deux expriment, derrière la vénalité de son propre corps, une même tendance à la réification des êtres humains. Bien entendu, ce n'est pas la première fois dans l'histoire que cette tendance se manifeste -- je pense en particulier à l'esclavage et à la révolution industrielle, -- mais elle me semble prendre aujourd'hui une ampleur nouvelle, en ce qu'elle touche toutes les couches de la société. Même les nantis se regardent entre eux, voire eux-mêmes, comme de simples marchandises.
Evidemment, et c'est heureux, des voix s'élèvent contre ces dérives. Mais elles restent trop rares, trop vite étouffées au nom de l'efficacité, du pragmatisme et de la puissance de l'argent.
Les textes de Fabien de Montargy, S. et Talie, billets et commentaires,
sont copyright
Commentaires
Je suis allé sur le lien et j'ai lu l'article de Isabelle Sorente et je trouve ça désolant qu'une telle chose existe au XXIème siècle.
Une telle atrocité ne devrait pas exister dans ce monde, mais ce sont les réalisateurs de ce genre de film dit "hardcore" et ceux qui recrutent les actrices qui sont totalement dérangés dans leur rapport à la femme.
Pour eux, certainement qu'ils ont un rapport femme-objet.
Bref je suis ébahi devant l'article et j'aurai une envie meurtrière de tuer ceux les réalisateurs de "gonzo".
Désolé d'avoir entaché de ma trace votre blog d'une qualité très supérieur.
Bien à vous
~Lord†Obscure~
Bonsoir, et bienvenue à vous. Ne dénigrez donc pas tant votre intervention sur ces pages; c'est bien pour susciter le dialogue que j'ai ouvert ce journal.
Vous savez, l'humanité n'a guère changé depuis ce Moyen-Age tant décrié qui m'a vu naître. Aujourd'hui comme alors, elle est capable aussi bien du meilleur que du pire. Je ne crois pas que les réalisateurs de ces films odieux -- et ceux qui les regardent -- considèrent la femme comme un objet. Je dirais plutôt qu'ils considèrent l'être humain comme un objet, objet d'enrichissement pour les premiers, de plaisir pour les seconds. Ce n'est finalement qu'un effet de bord anecdotique si l'actrice en souffre plus que ses ``partenaires'': il se trouve que les spectateurs sont en majorité des hommes hétérosexuels, et donc, attirés par les femmes. Mais des images de viol homosexuel plairaient à l'identique, devant le public adéquat. J'en veux pour preuve le succès grandissant des films d'agressions réelles, qui circulent encore sous le manteau mais risquent de devenir dans un avenir proche monnaie courante.